Collaboration digitale pendant la crise du Coronavirus dans le domaine scolaire

Collaboration digitale pendant la crise du Coronavirus dans le domaine scolaire

La pandémie COVID19 crée des menaces et des défis sans précédent pour les personnes du monde entier. La nécessité d’arrêter sa propagation et de soigner ceux qui souffrent est un objectif majeur partagé par toutes les nations.

Ainsi depuis le 13 mars dernier des mesures ont été prises en Suisse qui ont abouti à la fermeture des écoles et au confinement de la population, sans que pour autant l’enseignement soit arrêté. En effet, les enseignant(e)s ont été invité(e)s à assurer les cours sans pour autant nécessairement leur donner les instruments adéquats pour ce faire.

Ainsi en l’absence de plateforme officielle, nombreux(ses) enseignant(e)s  ont cherché dans l’urgence et sans préparation des solutions numériques pour, tant bien que mal, poursuivre l’enseignement. La plupart ont recouru à des applications utilisées à grande échelle comme Whatsapp, Skype, Facetime, Zoom, Google, Messenger ou Dropbox, etc. Les professeurs et les élèves ont même été invités à faire des petites séquences vidéo en vue de leur publication sur les réseaux sociaux. La question de la protection des données et du respect de la vie privée des élèves et des enseignant(e)s a été ainsi mise sous silence. Or le recours à des services proposés par les GAFAMs n’est pas sans risque (fuite de données, accès illicite aux données, notamment carnet d’adresses, échange de données entre les plateformes à l’insu des personnes concernées, traçage et profilage des personnes, collecte disproportionnée de données personnelles, sécurité des données lacunaires). Ces applications dites gratuites, ne le sont pas : l’utilisateur est le produit et paye avec ses données ! On le sait ces sociétés qui fournissent ces applications collectent toute sorte de données sur tout un chacun dans des buts plus ou moins obscurs. Zoom par exemple a transmis des données à Facebook même si l’utilisateur n’a pas de compte sur ce réseau social ou à accéder à des données d’utilisateurs de Linkedin.

Certains professeurs se sont inquiétés de cette situation et se sont interrogés sur les risques inhérents à l’utilisation de ces outils tout en posant la question de savoir s’il n’y avait pas d’alternatives. Il existe effectivement de nombreux produits suisses et européens qui permettent d’assurer la protection des données et le respect de la vie privée (vous trouverez des informations à ce sujet en consultant les liens ci-dessous). Voici déjà quelques suggestions que je peux recommander :

  • Deux bonnes alternatives à Whatsapp  et Messenger avec les mêmes fonctionnalités:
  • Threema, produit suisse, à acheter pour quelques francs symboliques, mais entièrement sécurisé et qui ne collecte pas de données sur les utilisateurs. N’a pas la fonction vidéo par contre ;
  • Signal.
  • Pour remplacer Zoom ou Skype :
  • Meet Infomaniak, produit suisse. Le plus sécurisé à ma connaissance, facile d’emploi ;
  • Jitsi meet, similaire à Infomaniak, mais un peu moins sûr.
  • Pour le transfert de fichiers, de vidéos ou de séquences musicales, Swisstransfer, un autre produit proposé gratuitement, mais sûr, de l’enteprise Infomaniak
  • Moteur de recherche : Qwant
  • Navigateur Web : Firefox
  • Si vous souhaitez un mail sécurisé, vous pouvez recourir à Protonmail.com.

Si pour certains, il est difficile de revenir en arrière et souhaitent dès lors durant cette période particulière continuer à utiliser Whatsapp et consorts, ils se doivent néanmoins de limiter strictement les informations qu’ils collectent et qu’ils communiquent /échangent via ces applications.

En outre, il convient de s’abstenir de publier sur les réseaux sociaux des photos ou vidéos permettant d’identifier des personnes sans que celles-ci en aient été informées et n’aient données leur consentement. On s’abstiendra en particulier de publier des images avec des enfants en dessous de 16 ans.

Une fois la crise passée, il faudra revoir les choix et la manière de recourir au numérique dans le cadre de l’enseignement. Il est de la responsabilité des autorités et des directions d’école de mettre en place des outils qui respectent pleinement la protection des données et la vie privée des élèves et des professeur(e)s. Les autorités cantonales de protection des données (voir liste sur privatim.ch) sont là pour apporter leurs conseils et contribuer à cette tâche.

Sites des autorités suisses de protection des données, https://www.privatim.ch/fr/

Publié par J.-Ph. Walter

Expert indépendant en matière de protection des données et d'accès à l'information aux documents officiels Exerce la fonction de Commissaire à la protection des données du Conseil de l'Europe Ancien préposé fédéral suppléant à la protection des données et à la transparence (Suisse)

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